L’Institut du vin allemand (DWI) a préparé le compte-rendu ci-dessous, sur le millésime 2018 et l’état des lieux dans chacune des 13 régions viticoles du pays. (télécharger le pdf)

Le 3 décembre 2018 – La vendange de cette année s’est avérée exceptionnelle à plusieurs égards, partout à travers le pays. Au moment d’écrire ces lignes, plusieurs vignerons du Rhin et du Palatinat espèrent toujours pouvoir produire des vins de glace, après une année 2017 très difficile pour cette catégorie. Quelque 532 hectares de vignes portent donc encore des fruits dans l’espoir de vinifier le maximum de grains nobles.

Ahr (561 ha)

Les journées de pluie se sont comptées sur les doigts d’une main, cet été dans l’Ahr. Heureusement, il avait beaucoup plu en janvier et février – l’équivalent de 120 litres par mètre carré, permettant ainsi de bien garnir les réserves d’eau. Les températures se sont mises à grimper à la mi-mars, engendrant une floraison très hâtive, dès le 25 mai. Puis, jusqu’au 23 septembre, il n’y a pas eu de pluie digne de ce nom. L’été, pour autant, n’a pas été aussi chaud qu’en 2003, le mercure n’ayant jamais atteint 400 C. Les vignes ont étonnamment bien résisté à la longue sécheresse estivale – seuls quelques vignobles abritant de jeunes vignes ont dû être irrigués. Le temps sec et très chaud a d’autre part permis de pratiquement éliminer toute menace telle que l’oïdium et le mildiou. La mouche drosophile asiatique, tant redoutée par les producteurs de vin rouge, n’a pas causé de dommages. Des baies très saines, bien que petites, avec une densité de 94 degrés Oeschle, ont été vendangées ; des densités s’élevant jusqu’à 120 degrés ont cependant été observées. Les rendements, cela dit, ont été plus élevés que prévu, par exemple jusqu’à 90 hl / ha pour le Spätburgunder (Pinot noir). La vendange a commencé trois semaines plus tôt qu’à l’habitude, s’ouvrant à la mi-août pour se terminer le 15 octobre. « Les raisins affichaient un taux de sucre sans précédent », a déclaré avec enthousiasme Reinhold Kurth, de l’Association des producteurs de l’Ahr. Les taux d’acidité étaient toutefois moindres qu’à l’accoutumée. La vendange totale est estimée à 55 000 hectolitres – en hausse par rapport à 2017, où elle s’était élevée à 38 000 hectolitres.

Pays de Bade (15 834 ha)

Le pays de Bade est la région viticole la plus chaude d’Allemagne. Les vignes là-bas semblaient mieux adaptées aux conditions météo extrêmes, puisque la floraison n’a jamais aussi rapidement suivi le débourrement – 30 jours plus tard seulement –, commençant le 25 mai et donc deux semaines plus tôt que d’ordinaire. Même avril a été marqué par des records de température, et le reste de la saison a connu lui aussi son lot d’anomalies. Le 27 juin –Siebenschläfertag (journée des Sept Dormeurs) – n’a pas failli à sa réputation, donnant le signal d’une canicule qui aura duré plus de sept semaines avec des températures avoisinant les 400 C. La plupart des vignes ont toutefois bien résisté à la sécheresse, produisant une abondance de baies très saines ayant mûri rapidement. Seules les jeunes vignes, aux racines encore trop superficielles pour aller puiser dans la nappe phréatique, ont dû être irriguées. La vendange, commencée à la fin d’août, s’est déroulée sans encombre et sans précipitation, étant donné l’absence de maladies. À 1,55 million d’hectolitres – et avec une moyenne de 90-95 hl/ha –, la vendange 2018 est près de 30 pour cent plus importante que la moyenne à long terme. Cette abondance, couplée à la qualité sanitaire des raisins, est « du jamais vu », selon l’Association des producteurs du pays de Bade. Les vins sont fruités, intenses et structurés grâce au taux de sucre élevé des baies – si bien que ce millésime s’avère plus puissant que le 2017. La cerise sur le gâteau, c’est que certains vignerons ont en outre réussi à produire d’excellents vins de dessert.

Franconie (6 139 ha)

Les viticulteurs de Franconie ont eu aussi connu une floraison précoce et une maturation rapide, au cours de cette saison à la fois très chaude et sèche. Ni les pluies isolées ni les orages n’ont permis de refaire les réserves d’eau souterraine. Dans certaines parcelles très pentues, la température au sol a grimpé jusqu’à 600 C. De confier le vigneron Hans Wirsching, de Iphofen, « l’irrigation goutte à goutte des jeunes vignes, qui ont encore besoin de quelques années avant de descendre plus profond dans le sol, était incontournable – bien entendu, il s’agissait de procéder avec minutie, sans trop nourrir les plantes. » Des kilomètres de tubulure ont dû être installés. Chaque vigne recevait jusqu’à 40 litres d’eau judicieusement répartis sur plusieurs heures, en évitant les pertes dues à l’évaporation.

Afin de ralentir la maturation et la production de sucre dans les baies, les températures montant parfois jusqu’à 380 C ou 390 C, plusieurs viticulteurs ont eu recours à un effeuillage. En effet, les vins trop lourds, comme ceux qu’a donnés l’exceptionnellement chaud millésime 2003, n’ont plus la cote auprès des consommateurs. Au final, 2018 a donné « des vins très digestes », promettent les producteurs, un peu plus puissants que les 2017 mais avec tout de même beaucoup de finesse. À l’évidence, on sait maintenant s’adapter aux changements climatiques. La quantité est également au rendez-vous avec les 2018 – avec environ 523 000 hl, 20 pour cent plus que l’an dernier, les amateurs de vins de Franconie ont de beaux jours devant eux.

Hessische Bergstrasse (462 ha)

Sur le plan climatique, Hessische Bergstrasse est choyée puisque là-bas – la plus petite région viticole d’Allemagne – le printemps arrive plus tôt que partout ailleurs. On pourrait alors raisonnablement s’attendre à ce que tout se passe bien durant un millésime sec et chaud comme l’a été 2018. Sauf que là aussi, les vignerons ont eu à coeur de ne pas se retrouver avec des vins trop lourds. Avec des moûts d’une densité moyenne approchant les 86 degrés Oeschle, par exemple chez le plus grand producteur de la région, la coopérative Bergstrasser Winzer, on peut espérer des vins d’une très haute qualité. Même s’il est arrivé ici et là d’obtenir des moûts dépassant les 100 degrés Oeschle. L’automne a été parfait, avec des jours relativement secs et chauds suivis de nuits fraîches. Sans risque de maladies, les raisins ont pu faire le plein d’arômes – même si la vendange, commencée le 15 août, n’avait jamais été aussi précoce. La grave sécheresse de l’été n’a donc pas affecté la majorité des vignes, protégées par leurs racines profondes. Selon Reinhard Antes, directeur général de Bergstrasser Winzer, « 2018 est possiblement le meilleur millésime que nous ayons eu ces 15 dernières années ». On estime le rendement global de la région à 42 000 hectolitres, soit 45 pour cent plus que l’an dernier.

Mittelrhein (469 ha)

De toutes les régions, c’est le Mittelrhein qui aura connu la plus grande augmentation de production. Avec environ 46 000 hectolitres, la récolte s’avère 64 pour cent plus élevée en volume qu’en 2017 (28 000 hl). À la plus grande joie des vignerons, dont les caves, pour la plupart, manquaient de stocks. Le temps sec aura duré d’avril à septembre. S’il n’a pas plu comme on l’aurait souhaité, en revanche la grêle et les violents orages ne se sont pas manifestés non plus. Même le niveau du Rhin a baissé. Malgré tout, seuls quelques vignobles jeunes ou situés en terre basse ont souffert de la sécheresse. Vers la fin de la période de maturation, le développement des vignes était presque trois semaines en avance. Les vignerons ont pu contenir la vigueur des plantes en procédant à un effeuillage, sans compter que le temps sec a facilité les choses en éliminant pratiquement tout risque de maladie. En moyenne, les raisins blancs affichaient le taux idéal de 88 degrés Oeschle avec 8 g/l d’acidité – les rouges sont eux aussi excellents. Dans l’ensemble, la vendange se sera donc déroulée en toute quiétude. « Même les plus vieux producteurs ne se souviennent pas d’avoir ramassé autant de raisins d’une telle qualité et dans un tel état sanitaire », rapporte l’Association des producteurs du Mittelrhein, qui prévoit « de futures dégustations on ne peut plus réjouissantes ».

Moselle (8 870 ha)

Qui dit raisins parfaits au moment des vendanges dit excellents vins en devenir. Tel a en effet été le cas en Moselle en 2018 – mais ce n’est pas tout. À commencer par les volumes estimés à un million d’hectolitres, alors qu’ils avaient baissé d’un tiers, l’an dernier. Mais avant d’en arriver à ce scénario idéal, la sécheresse, la chaleur et la peur de la grêle ainsi que des orages violents auront tenu les vignerons sur le qui-vive. S’il y a eu de l’activité orageuse en Moyenne Moselle, c’est de loin la sécheresse qui a le plus préoccupé tout le monde. Comme ailleurs en Allemagne, la vigne s’est développée rapidement et la vendange a commencé dès le mois d’août pour les cépages précoces, puis à la mi-septembre pour le riesling. L’état sanitaire des raisins, parfaitement accrochés aux vignes, a comblé les vignerons. Les pluies de septembre, qui, grâce aux nuits fraîches, n’ont pas engendré de pourriture, ont fait augmenter le volume de jus ainsi que le volume de la vendange en général dans la région. Avec des densités de moûts – en moyenne 85 degrés Oeschle pour le riesling – correspondant à la catégorie Spätlese, les 2018 en Moselle s’avèrent à la fois élégants, intensément aromatiques, harmonieusement structurés et très fruités, avec un taux d’acidité modéré. Le millésime comblera l’amateur de vin, depuis les très prometteurs mousseux jusqu’aux fabuleux liquoreux Beerenauslese et Trockenbeerenauslese. De résumer Matthias Lay, vigneron à Pünderich : « Le Seigneur a été très bon pour nous, en 2018. »

Nahe (4 225 ha)

En 2018, la maturité est arrivée plus tôt que d’habitude dans la Nahe, et dès la fin du mois d’août les vendanges avaient commencé. Toutefois, surtout pour les vins haut de gamme, certains producteurs ont laissé les cépages tardifs plus longtemps sur pied, jusqu’à octobre, afin d’atteindre la maturité phénolique. L’été très chaud et très sec – un « super été », au dire de Thomas Höfer, président de l’Association des producteurs –, un temps optimal en automne et la quasi-absence de problèmes tels que le mildiou, la pourriture et les animaux nuisibles ont rendu cette attente possible. Résultat : des raisins parfaitement sains et mûrs, et des densités de moûts atteignant parfois 100 degrés Oeschle, laissant ainsi présager d’excellentes cuvées, qui reflètent à merveille les terroirs diversifiés typiques de la Nahe. Avec un volume estimé à 440 000 hectolitres, la vendange dépasse de 40 pour cent la moyenne à long terme. Un baume, après deux vendanges, 2017 et 2016, beaucoup plus modestes. De conclure Thomas Höfer : « Une année exceptionnelle ! » Ce dont se réjouiront, bien sûr, tous les amoureux du vin.

Palatinat (23 652 ha)

Quand ça va bien, ça va bien ! L’exemple parfait : le millésime 2018 dans le Palatinat. Pratiquement pas de dommages malgré les températures caniculaires et la sécheresse, pas de pénurie d’eau, des raisins abondants et en parfaite santé et une météo idéale pendant les vendanges, y compris pour les nectars liquoreux. Difficile de faire mieux, et facile de comprendre pourquoi les vignerons, dans la région, sont aussi euphoriques. « Unique », « Presque trop beau pour être vrai » : jusqu’aux experts qui n’en croyaient pas leurs yeux. Le temps exceptionnellement chaud s’est installé dès avril, amenant ainsi les rieslings à une floraison hâtive, à la fin de mai. Durant ce dernier mois, il y a eu un peu de pluie mais aussi, hélas, de la grêle au sud de la région. La grosse vague de chaleur, arrivée en juillet, a duré jusqu’en août. La vendange pour les premiers Federweißer (un vin bourru, partiellement fermenté) a commencé en août, la vendange principale suivant deux semaines plus tard – un record de précocité. Septembre a été parfait, sec dans l’ensemble, les conditions météo étaient stables ; cela a entre autres profité aux cépages rouges, dont le pinot noir, qui ont pu rester longtemps sur pied et ainsi donner des vins relativement corsés et bien colorés. Les vins blancs, pour leur part, sont d’une acidité modérée et cela vaut aussi pour les taux d’alcool – surprenant ainsi plusieurs vignerons, étant donné la quantité de soleil reçue. Le rendement global estimé à 2,5 millions d’hectolitres, 17 pour cent plus élevé que la moyenne à long terme, a eu tout pour plaire aux producteurs.
« Cela fait du bien, après plusieurs années de rendement modeste. Nous pourrons enfin satisfaire aux demandes du marché sans trop de limitations », explique Reinhold Hörner, président de l’Association des producteurs.

Rheingau (3 191 ha)

À l’arrivée d’un mois d’octobre « en or » dans le Rheingau, plusieurs vignerons venaient juste de finir de vendanger. Quatre semaines plus tôt que d’habitude en raison de l’été 2018 caniculaire, sans atteindre les sommets de 2003 mais en brisant plusieurs records datant de 1994, 1976 et 1947. La sécheresse, qui n’aura finalement pas trop impacté les vignobles, a limité l’apparition des champignons ainsi que de la redoutée mouche drosophile asiatique. « Il faisait tout simplement trop chaud pour les parasites et autres ravageurs », explique le consultant en viticulture Berthold Fuchs. Il a toutefois fallu bien irriguer les jeunes vignes. Si la sécheresse aurait pu poser problème sur le plan qualitatif, elle n’aura pas empêché les vignes de tout de même produire beaucoup de grappes. Résultat : un volume global de vendange estimé à 285 000 hectolitres, comparativement à 210 000 hl l’an dernier. Heureusement, la quantité rime avec qualité, en 2018, étant donné la maturité atteinte et le parfait état sanitaire des baies. « Un millésime exceptionnel », dit d’ailleurs Berthold Fuchs, non seulement pour le riesling mais également pour le spätburgunder (pinot noir) de la région, qui s’avère particulièrement coloré et concentré, cette année.

Hesse rhénane (26 617 ha)

Un incroyable 90 degrés Oeschle pour le premier Federweißer, dès le 6 août ? Du jamais vu dans la plus importante région viticole allemande ! Une floraison très précoce, gracieuseté du mois d’avril le plus chaud de l’histoire, laissait présager une vendange hâtive. Cela n’a pas empêché l’été chaud, sec et ensoleillé de favoriser une maturation poussée. Le temps très stable et favorable s’est poursuivi jusqu’aux vendanges, permettant à beaucoup de raisins de rester sur pied jusqu’en octobre et même en novembre, dans certains cas. La sécheresse, bien entendu, a posé son lot de problèmes dans certains vignobles, notamment les plus pentus, qui ont dû être partiellement irrigués. Dans l’ensemble cependant, les producteurs de Hesse rhénane ont composé avec des vignes en parfaite santé. Le volume global de la récolte, estimé à 2,95 millions d’hectolitres, dépasse de près de 20 pour cent la moyenne à long terme. Une saison végétative comme 2018 a particulièrement bénéficié aux cépages rouges, les baies ayant changé de couleur rapidement et ayant pu mûrir longtemps sur pied. Ce qui n’enlève rien aux blancs 2018 de Hesse rhénane, intensément aromatiques, bien typés et bien fruités, avec une acidité modérée. Plusieurs spécialités à base de grains nobles ont également été produites. Selon le Rheinhessen Weinwirtschaftsrat (le comité consultatif de l’industrie), « Ce superbe millésime aura été aussi inattendu que mémorable. Il passera à l’histoire. » À l’évidence, les amateurs de vin vont bientôt se régaler !

Saale-Unstrut (772 ha)

Cette année, certains vignerons de Saale-Unstrut ont vendangé deux fois – d’abord les 5 et 6 février, pour le vin de glace de la saison 2017, puis aussi tôt qu’en août, pour les premiers raisins du millésime 2018. Jamais auparavant n’avait-on vendangé aussi hâtivement dans la région viticole la plus septentrionale d’Allemagne. L’explication : le temps chaud, arrivé dès avril. À croire, rapporte l’Association des producteurs de Saale-Unstrut, que le printemps a passé son tour, cette année. La chaleur a littéralement fait exploser la croissance des vignes, avec une floraison parfaite dès la fin mai – un tel départ canon n’avait pas été observé depuis 2007. Heureusement, il y eut un peu de pluie également en mai ; mais rien pour faire oublier la sécheresse, qui a gardé les vignerons en alerte tout au long de l’été. Un scénario qui risque de se répéter dans l’avenir, estime le regroupement de producteurs. Les brûlures par le soleil, le stress hydrique et les baies trop petites ont posé problème ; par contre, pratiquement pas de risques de pourriture ni de parasites, si bien que le travail dans les vignes n’a pas été trop prenant. Les vendanges se sont terminées au cours des premières semaines d’octobre. Le volume global estimé à 46 000 hectolitres dépasse de peu celui enregistré l’an dernier (44 000 hl) et les précédentes années. La qualité s’annonce toutefois exceptionnelle, l’Association des producteurs prévoyant la mise en marché de blancs aromatiques et de rouges concentrés.

Saxe (only 497 ha ?)

Dans la Saxe, cette année, pratiquement toute la vendange était rentrée au début d’octobre – à l’exception de certains vignobles de traminer et de riesling où l’on a attendu d’obtenir des densités de moût de catégorie Auslese. L’été aura été assez éprouvant pour les producteurs, plusieurs vignobles de cette région au relief escarpé ayant dû être irrigués. Estimé à 56,5 ? hectolitres, le rendement global était le deuxième plus élevé depuis 2000. Selon les derniers rapports, environ 22 500 hectolitres de moût ont été obtenus, soit sept pour cent plus que la moyenne des dix dernières années. Malgré cela, la Saxe produit peu de vin comparativement aux autres régions. La sécheresse qui s’est poursuivie jusqu’en automne a empêché les baies de grossir, concentrant ainsi le jus, qui a donné des moûts d’une densité correspondante. En Saxe plus encore qu’ailleurs, la devise est « la qualité avant la quantité ». Les vignerons s’attendent à des vins 2018 au fruité exceptionnellement marqué, qui resteront longtemps dans les mémoires. Qui plus est, ils seront également plus puissants qu’à l’ordinaire. Les producteurs de l’Elbe se sont déjà adaptés aux changements climatiques avec la culture de cépages tels que le chardonnay et le sauvignon blanc. Un développement à suivre.

Württemberg ( 11 360 ha)

Les moûts de haute densité sont monnaie courante dans le Württemberg, où le vin rouge, qui s’accommode aisément d’un surplus de concentration, accapare 70 pour cent de la production. Tout l’intérêt du millésime 2018 est là : on a rentré exceptionnellement tôt en saison, sans précipitation, des raisins rouges parfaitement sains avec des densités dépassant souvent les 100 degrés Oeschle. Résultat : des vins très aromatiques, au fruité intense et d’une excellente structure. Les cépages blancs, pour leur part, ont dû être ramassés assez rapidement. Quatre-vingts pour cent des vins sont du niveau Prädikat (la catégorie supérieure), et des raisins de type beerenauslese ont même été vendangés à environ 250 degrés Oeschle. La sécheresse a été dans l’ensemble sans conséquence, notamment en raison de deux bons épisodes de pluie ; par contre, dans le secteur de Ludwigsburg, il y a eu un peu de grêle. Au dire d’Hermann Hohl, président de l’Association des producteurs du Württemberg, le millésime s’est avéré « tout à fait satisfaisant ». Le temps magnifique pendant les vendanges a évacué tout le stress accumulé. Les vignerons, de poursuivre M. Hohl, « n’ont pas eu à se battre pour le moindre degré Oeschle additionnel ». Le volume de récolte, estimé à 1,2 million d’hectolitres, représente une augmentation encourageante par rapport au millésime précédent. « Le consommateur peut s’attendre à d’excellents vins, d’un très bon rapport qualité-prix », a déclaré l’Association.

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